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08/05/2007

Le cinéma selon La Parti

 

Producteur principal de « Panique au village », La Parti Production était derrière des films remarqués comme « Calvaire » de Fabrice du Welz, « Aaltra » de Gustave Kerven et Benoît Delépine ou « Komma » de Martine Doyen. Elle sortie bientôt « Où est la main de l'homme sans tête » de Guillaume Malandrin, avec Cécile De France. Il y a deux ans, Vincent Tavier, Philippe Kauffmann et Guillaume Malandrin nous évoquaient la naissance et la philosophie de cette maison de production pas tout à fait comme les autres...

Vincent Tavier : La création de La parti est liée à Todo Films. J’avais lancé cette structure après « C’est arrivé près de chez vous » (NdlA : Tavier avait participé à cette aventure) avec Giullaume Malandrin. On avait quelques trucs de commande. C’était une asbl qui nous a permis de faire quelques courts ou des clips – notamment le premier court métrage de Fabrice du Welz. De fil en aiguille, on est passé en SPRL. Ensuite, on a demandé à Philippe de se joindre à nous, histoire d’étendre un peu nos horizons, vers la scène musicale, le théâtre... Philippe avait aussi une expérience d’une structure de gestion.

Philippe Kauffmann : C’est moi qui fait les comptes ! Pour la musique, par exemple, c’est moi qui amené les Wampas pour « Aaltra », ou des voix sur la série « Panique ».

V.T. : J’ai géré pendant cinq ans l’après « C’est arrivé près de chez vous ». Parce que Rémy (Belvaux) et Benoît (Peolvoorde) avaient signé des tas de contrats qui étaient un peu pourris. Il a fallu rattraper le coup derrière. Entre Todo et La Parti, il y eu la série des « Monsieur Manatane ». Benoît avait reçu une proposition de Nicolas Leclercq, producteur français d’Entropie Films. Avec Guillaume, on s’est retrouvé producteurs exécutifs sur la série. On a fait ça de manière un peu commando, avec un personnel réduit. C’était un peu galère !

Guillaume Malandrin : La connexion avec Paris est venue comme ça. On a fait des pubs, des clips. Des projets communs ont poursuivi par la suite.

Ph. K. : On a choisi de fonctionner de façon un peu radicale. On limite tout ce qui est frais de fonctionnement : pas de vrais bureaux, pas de voiture de société. On y trouve notre liberté pour faire ce qu’on veut et ne pas tomber dans le cercle vicieux qui veut que tu fasses de l’alimentaire pour payer tes coûts de fonctionnement, ce qui entraîne à son tour d’autres coûts, etc. C’est plus lent en terme de développement, mais on peut se permettre de ne faire que les projets qu’on aime.

G.M. : Du coup on est plus efficaces aussi.

V.T. : Mais on ne peut pas se permettre de lâcher un auteur qu’on soutient. Quand on croit en un projet, même si on ne trouve pas les fonds, on fait le film avec les moyens du bord.

Ph.K. : L’avantage, c’est qu’on peut dire qu’on a un taux de réussite de 100 pour cent !

V.T. : L’esprit de la société est aussi lié à Alea jacta, la boîte de post-production dans la quelle on a investit après « C’est arrivé près de chez vous ». Celle-ci nous permet de travailler en fonds propres, avec des budgets ridicules. Cela nous a aussi permit de faire 4 ou 5 courts, parfois de façon complètement artisanale, en deux ou trois ans. « Das Fantastiche Nacht » a été fait comme ça, tourné pratiquement en un week-end entre potes.

Ph.K. : Cela permet de brasser une énergie qu’on perd parfois sur les projets plus ambtieux qui eux, traînent dans les commissions budgétaires et attendent leur argent.

G.M. : C’est une façon de travailler un peu commando, où chacun fait tout. On écrit le scénario le vendredi, on tourne le samedi et le dimanche, autour d’un thème , avec quelques situation, des décors et des costumes.

V.T. : Cela paraît un peu potache quand on le raconte, mais de nouveau la structure et la mise en commun de différents talents donne un résultat pro qui étonne.

G.M. : On réinvente un rapport humain pour faire du cinéma. L’animation, c’est un autre cheval de bataille qui est arrivé après, avec le travail de Patar et Aubier et la rencontre avec Benoît Féroumont (auteur de « Dji vou veu volti », produit par La Parti, Prix de la Critique au Festival du court métrage de Bruxelles et en sélection à Annecy 2007). C’est une autre manière de travailler, plus tranquille, un autre univers. Moi, je viens de la fiction mais j’adore travailler sur l’animation. On pourrait ne plus arrêter d’en faire. (A.Lo.)

http://www.laparti.com/

http://www.djivouveuvolti.com/