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23/07/2007

Faire et défaire...

e16815d35ed187dfd3535d8e79f29d02.jpgCalme plat ce lundi 23 juillet au studio Beast Animation : l'ensemble de l'équipe de "Panique au Village" récupère le jour férié du 21 juillet (fête nationale belge pour nos lecteurs étrangers), tombé cette année un samedi. Seuls présents sur les lieux, les réalisateurs Stéphane Aubier et Vincent Patar, en compagnie de Guillaume Malandrin, l'un des producteurs de La Parti. Egalement réalisateur, ce dernier, qui vient de réceptionner la copie de son long métrage "Où est la main de l'homme sans tête?", avec Cécile De France, est venu donner un coup de main (ou d'oeil, plutôt) pour pour suivre la mise au point du scénario.

Que ce passe-t-il d'ailleurs avec ce scénario qui n'en finit pas d'être remis sur le métier ? "On est en pleine phase de doute" nous disait Philippe Kauffmann (producteur) la semaine dernière. R58ad1532754757ad1b0f70031074e116.jpgéaction normale : comme nous le rappelle Stéphane, les premiers croquis du scénario/storyboard remonte à près de trois ans. Pas simple de garder un oeil neutre sur son propre travail. Guillaume, avec son approche de réalisateur de film "life" analyse très bien la situation : "Quand tu écris un scénario, il ya des passages que tu détailles pour le lecteur – pas pour le spectateur. Parce qu'un scénario est d'abord lu – par les gens des commissions qui vont soutenir le film, par tes partenaires producteurs, par ton équipe technique... Mais quand tu passes à la phase de mise en scène, tu t'aperçois qu'il y a des articulations écrites qui sont inutiles à l'écran. Par exemple, dans une longue scène d'action, à l'écrit, tu vas insérer des dialogues pour « alléger » ton descriptif. Mais ceux-ci vont être superflus quand tu tournes."

Vincent remarque que c'est la première fois que Stéphane et lui poussent aussi loin la réécriture. "On ne l'a jamais fait sur la série. Il y avait beaucoup plus d'improvisation sur le plateau, lors du tournage des épisodes. Mais sur un long métrage, on ne peut plus se permettre ça". "Le rythme est différent, aussi, rappelle Stéphane. Sur la série, c'était un rythme à la Benny Hill. Iici, il y a plus de lenteur."

Lenteur ? A voir : sur les scènes à la "réécriture" desquelles nous assistons, l'action semble toujours bien présente. L'apport de Guillaume est pertinent. Avec devant lui, comme on peut le voir sur notre photo, le storyboard (sur papier) e7476a1b991151e5a8c78f01f5da4343.jpget l'animatique (à l'écran – voir nos notes précédentes à ce sujet), il repère les séquences mal articulées. Il juge certaines scènes trop découpées, avec trop de changement de valeur de plans (gros plan, plan moyen, plan large). Mais il est vrai que Stéphane et Vincent doivent tenir compte de la spécificité de leur support : leurs figurines permettent peu d'expression du visage. "On ne peut pas jouer sur les expressions. On doit donc parfois beaucoup découper une action pour exprimer les différentes émotions d'un personnage. On doit alterner les gros plans avec des plans larges où on joue sur les attitudes." Cet exercice leur fait prendre aussi conscience de certaines adaptations qui vont être nécessaire. Sur un plan où Jeanine se réveille, Guillaume note, à propos de la figurine de la fermière : "Ce sera comme dans la série ? Elle aura toujours les yeux ouverts même quand elle dort ?" "Oui" répondent Stéphane et Vincent. Les trois passent la scène en revue. Vincent note que, contrairement à la série, on sera en gros plan et sur grand écran. Il finit par lâcher : "Oui, ce serait peut-être mieux si on avait une figurine les yeux fermés, puis une autre avec un oeil ouvert. Ce sera plus clair."

Dans la même séquence, où un coq sort du poulailler et se dirige vers la fenêtre de Steven et Jeanine pour pousser son cri matinal, Guillaume se prend à rêver : "Si on avait les moyens, on ferait un travelling : tu sors avec le coq du poulailler, tu le suis jusqu'à la fenêtre, poc, poc, poc, puis « Cocorico ! »." Mais c'est un mouvement trop long et laborieux à animer. La scène est donc découpée, une fois de plus. Autre élément qu'il faut bien anticiper, c'est l'intervention des e89a91f6a893afd34797eb1f2957e0a78.jpgffets spéciaux. Dans une scène d'explosion (que nous ne détaillerons pas pour ne pas gâcher la surprise), la question est de savoir si certains éléments seront animés sur plateau ou ajoutés en post-production, en images numériques. Le choix influe sur le cadre et le découpage de la scène.

Le travail de révision avance ainsi, par petits coups et après débats et réflexion collectifs. Guillaume barre le cas échéant les plans superflus dans le storyboard. Stéphane dessine des plans aditionnels, qui sont ensuite agrafés dans le storyboard. Anne-Laure devra ensuite les insérer dans l'animatique.

44f94db5be5a5f92663300b41da099ed.jpgPetite nouveauté que nous remarquons : Stéphane s'est fabriqué un cadre en carton, des proportions d'un écran "scope" - les nouveaux dessins sont donc désormais cadrés comme ils seront projetés. Pour affiner le travail de préparation, Stéphane et Steven De Beul ont aussi commencé à photographier des figurines dans les décors. "Nous avons maintenant une copie des décors en fibre de verre. Celle-ci nous permet de positionner les personnages et de faire des tests de cadrage. Nous commençons à mieux visualiser certains plans." Stéphane dispose ainsi de toute une série d'images dans son ordinateur. Là aussi le "cache" en format "scope" permet de se faire une meilleure idée du résultat à l'écran. Petit à petit, le film commence à prendre corps. (A.Lo.)