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02/12/2007

Mathias Malzieu, fan des "Pic Pic André", les "Tex Avery belges"

On savait le groupe rock Dionysos, en particulier son chanteur Mathias Malzieu, passionné de cinéma, de dessin animé et de BD. Il est aussi un grand fan des “Pic Pic” et “Panique”. En 1999, Vincent Patar et Stéphane Aubier avaient réalisé le clip de la chanson “Coccinelle” de Dionysos. Huit ans plus tard, le groupe français s’est vu confier par les réalisateurs belges la création de quatre passages musicaux du film “Panique” (à noter que d'autres extraits ont été confiés à d'autres musiciens), en l'occurrence le générique de début, la “fête” finale, une poursuite, et une scène “dans un igloo scientifique”. Mathias Malzieu s’en explique, très enthousiaste, en précisant qu’il compte envoyer ses premières maquettes début janvier. “On a un grand intérêt pour les musiques de films, qui resurgit surtout dans notre récent album “La Mécanique du cœur”, mais qu’on a toujours un peu développé dans nos disques. On est hyper heureux de se prêter à ce jeu. Il y a une énergie chez les “Pic Pic”, un côté atelier effervescent, atelier d’enfants fous… Après les avoir vus un après-midi chez eux, il y a un mois et demi, j’avais plein d’idées, j’étais remonté à bloc, je n’avais qu’une idée : rentrer chez moi et composer !”.

Comment s'était passée la rencontre avec Stéphane Aubier et Vincent Patar pour le clip "Coccinelle" ?

J'étais tombé sur une émission de cinéma où était invité votre grand "national" Benoît Poelvoorde. Parmi ses coups de coeur, il avait passé des dessins animés de "Pic Pic André". On a trouvé ça génial. On vient jouer aux Halles de Schaerbeek, et on en parle : "Vous connaissez Pic Pic André ? On est très fans!" Le programmateur... Philippe Kauffman était justement en train de travailler avec eux : "Bien sûr, ils seront là ce soir à votre concert!". Du coup on les a rencontrés, on s'est dit "un jour, on fera un clip", et sur l'album d'après, on leur a proposé le premier clip. Depuis, ils sont souvent venus à nos concerts, on est resté en contact.

Qu’est-ce qui vous plaît tellement dans leur univers ?

L'humour sans limite. Ils n’ont pas peur d’être fous, complètement absurdes, mais avec beaucoup de tendresse. C’est complètement frondeur, “art brut”, enfantin, mais pas que ça. Les gens qui sont tout le temps dans le deuxième degré – ou tout le temps dans le premier – m’ennuient. Avec “Pic Pic”, même si c’est du deuxième, troisième, sixième degré, il y a une vraie tendresse humaine, ce ne sont pas que des blagues, il y a toujours quelque chose d’assez touchant, dans ce qu’ils font. Ce sont des agitateurs ludiques très précieux. Ils me font rire, rire…

Cet univers apparaît-il très “belge”, pour vous ?

Ça a un côté très universel justement ! Si ce n'était que “très belge”, ce serait plus anecdotique. Pour moi, ce sont des “Tex Avery” belges, et, dans leur manière de faire, il y a aussi du Monty Python, du Chaplin… mais à leur façon, avec leur sens des voix, des sons, qui fait un peu penser à Jacques Tati aussi. J’adore ça.

Y a-t-il un personnage qui vous tient particulièrement à coeur ?

Cheval. En plus il tombe amoureux dans le film... J'aime bien sa voix, comment ils changent les rôles, ils ironisent sur la famille : c'est le cheval qui fait un peu le père du cowboy et de l'indien... C'est toujours difficile, l'idée de ressemblance - une idée après laquelle je cours beaucoup dans ce que je fais. On peut raconter quelque chose auquel on ne peut évidemment pas croire – un cheval ne parle pas -, mais quand on y met suffisamment d'humanité et d'éléments narratifs forts, on peut arriver à rentrer dans cette histoire, dans ce récit. C'est beaucoup plus difficile à faire que juste raconter une histoire vraie, réaliste.

C'est ce qu'on fait avec les histoires pour enfants, non ?

Mais les histoires, à l'origine, c'est fait pour les enfants! Sauf qu'on a tous ce besoin et de raconter et de se raconter des histoires, tous un besoin d'imagnaire et de rêver, quand on est enfant. On se laisse bêtement écraser par l'adulterie. Sans jouer au Peter Pan qui ne veut pas grandir, moi je suis un adulte qui s'assume comme tel, mais qui a gardé sa part d'enfance. Tous les êtres humains que j'aime bien, qu'ils soient ou non artistes, ont gardé une part d'enfance. De Chaplin à Pic Pic André, en passant par Björk, Jean Cocteau ou Tom Waits, ce sont des gens qui ont une dimension ludique, un rapport non intellectualisé à l'art. Je retrouve tout cela dans "Pic Pic André", ce côté à la fois art brut, enfantin, frondeur, mais... pas que ça. Les gens qui sont tout le temps dans le deuxième degré – ou tout le temps dans le premier degré - m'ennuient. Mais avec "Pic Pic", même si c'est du deuxième, troisième, sixième degré, il y a une vraie tendresse humaine, ce ne sont pas que des blagues, il y a toujours quelque chose d'assez touchant, finalement, dans ce qu'ils font.

Concrètement, comment allez-vous travailler? Vous allez leur envoyer des choses par Internet?

Oui, là j'ai quelques petits thèmes qui sont prêts, on va essayer de les mettre un peu en musique, de faire des petits passages de quelques secondes pour voir si ça leur plaît, on va leur envoyer, puis peut-être qu'on va se refaire un petit rendez-vous à Bruxelles au début de l'année...

Ce sont des morceaux chantés ?

Non, ce sont des instrumentaux. Mais il y aura peut-être des voix. Il y a notamment un gospel, qu'ils nous ont demandé pour le morceau final, où il n'y a pas de mots à proprement parler, mais où il y aura des voix.

Vous avez carte blanche, ou bien des missions très précises ?

On n'a pas carte blanche, le but est quand même de servir le propos du film. On a regardé les petits scènes dans l'animatique (NdlR, montage brut du story board), le déroulé des scènes sur lesquelles ils veulent de la musique, et ils nous ont expliqué le climat, l'ambiance qu'ils voudraient, proposé des morceaux de référence par rapport à ça... Nous, on va essayer, à notre manière, avec notre sensibilité, de retranscrire ça. Je pense qu'ils attendent un mélange entre une surprise venant de nous – s'ils nous le demandent, c'est qu'ils aiment notre sensibilité – et en même temps que ça colle à leurs envies. Comme quand je demande une pochette d'album à Joan Sfar... Une collaboration, c'est ça... Sinon, on prend un technicien, pas un artiste.

Peut-on en savoir plus sur les trois autres parties que vous préparez ?

Le générique de début : un facteur qui vient amener le courrier dans la montagne. Ce serait une espèce de ballade country-hawaïenne, avec du ukulélé, du slide, très bucolique. Avec peut-être des bruitages, des sons de roues de vélo...

Il y a aussi une poursuite avec un ours, qui va être plus tendue, un peu épique, "morriconienne", sans tomber trop dans le clin d'oeil western non plus.

Et le quatrième morceau sur lequel on va travailler, c'est un passage dans un igloo où il y a des fabricants de neige qui testent des trucs... Là, on va essayer de faire quelque chose d'un peu plus électronique, avec des sons un peu étranges, "savant fou", comme dans les dessins animés des années 60, 70, dans un esprit Pierre Henry.

C'est nouveau, pour vous, de faire des musiques de film, instrumentales qui plus est ?

On a fait la musique d'un téléfilm, "De père en fils". Et on a beaucoup travaillé, avec le groupe, comme si on faisait des musiques de film. Dès "Western sous la neige", le premier morceau s'appelait "Thème from Western sous la Neige"... comme si le film existait. Dans "Monsters in love", on a eu un truc encore plus cinématographique dans les arrangements, on a franchi un cap de plus sur le live avec l'ochestre la Symphonieta (arrangements à cordes, à cuivres et à choeurs), et encore une étape en faisant la BO de mon livre "La Mécanique du coeur" où le côté BO de film intégré au format rock'n'roll est encore plus prégnant. C'est donc un fantasme qui a beaucoup irrigué notre imaginaire, dans le groupe, et pour moi dans mes livres depuis longtemps : le cinéma, la BD mais aussi les dessins animés. Tous ces moments où il y avait un côté non formaté, très effervescent, comme les premiers dessins animés des studios Fleischer, avec Betty Boop; les débuts du cinéma muet, les premiers Chaplin, Buster Keaton, Harold Lloyd... C'est une énergie que je retrouve chez "Pic Pic", ce côté non formaté, "atelier effervescent" chez eux, qui fait plaisir. Après les avoir vus une après-midi chez eux, j'avais plein d'idées, j'étais remonté à bloc.

entretien : S.L.

17:35 Publié dans COULISSES | Lien permanent | Commentaires (0)

31/10/2007

Premiers échos de tournage

Depuis le 22 octobre, le tournage effectif de "Panique au Village" a débuté. De passage au studio Beast Animation mardi, nous avons pu nous entretenir quelques instants avec Vincent Patar et Stéphane Aubier.

Après un peu plus d'un semaine de travail, quelles sont vos premières impressions ?

Vincent : Au terme de la première semaine, on n'est pas encore en vitesse de croisière mais nous sommes contents des premiers plans tournés. Le résultat est encourageant.

Stéphane : Voir « Panique... » en 2:35 avec nos animations qui sont restées fidèles à la série, c'est assez surprenant et ça donne envie de voir le film. Ce qui est intéressant, c'est que pour l'instant on a tourné des séquences qui se situent au début, au milieu et à la fin de l'histoire : une scène dans le garage, une dans le hall de Cheval et une où Cow-Boy et Indien sont projetés dans le ciel par Steven. Nous avons donc des ambiances très différentes. C'est assez représentatif de l'ensemble.

Vincent : On découvre même de nouveaux lieux, comme le Conservatoire ou le garage. En utre, nous découvrirons bientôt le résultat sur pellicule du petit film de bande annonce que l'on a tourné pour CinéArt.

Est-ce facile de se remettre à l'animation après une interruption ?

Vincent : Heureusement, on n'a jamais arrêté trop longtemps. Nous avons fait des films de commandes, comme les pubs pour Cravendale (NDLR : découvrez ces films et le making of ici ).

Stéphane : Il y a des plans qu'on sent bien, d'autres moins, où on chipote plus.

Un exemple ?

Vincent : Celui sur lequel je travaille pour l'instant. C'est un plan très large, avec le décor principal. Il faut y mettre un peu de vie et d'ambiance, comme par exemple une poule qui picore dans un coin. Cela prend du temps de créer tous ces petits mouvements qui, au final, donne l'ambiance.

Stéphane : On a aussi fait un plan où Cow-Boy, Indien, Cheval montent dans la voiture. Comme c'est une voiture avec une suspension du genre 2CV, cela prend du temps à bien animer.

Pouvez-vous rappeler aux lecteurs de ce blog l'origine de « Panique au Village » ?

Vincent : Au départ, c'est un film d'étude de Stéphane.

Stéphane : Tout est parti d'un ami, Jean-Michel Stassen, qui partageait le même appartement que nous. Il achetait ses petites boîtes d'oeufs au Delhaize. Dedans, il y avait des plans pour fabriquer des petites maisons avec ces boîtes. On s'est pris au jeu : on a décidé de faire un décor avec ces petites maisons, qui ne faisaient pas plus de 6 cm de haut. On a construit un décor de 50/70 cm de long sur 30/40 cm de profondeur. Après, j'ai fait des petites voitures dans le même carton d'emballage. Comme je devais faire encore un film pour La Cambre et que j'avais envie de faire un film en volume, je me suis dit que j'allais partir de là. J'ai fabriqué un autre décor en papier maché, plus grand et pour les personnages, j'ai utilisé des jouets. L'univers de départ se voulait un peu plus trash. J'avais utilisé Hell's Bells d'AC/DC comme musique. Ca se voulait plus inquiétant – d'où le titre « Panique au Village ». Je ne sais plus si j'avais un scénario. La chute était d'ailleurs un peu improvisée : on découvrait à la fin que toute l'histoire était une pièce de théâtre jouée à la kermesse du Village.

Comment décririez-vous aujourd'hui l'univers du Village ?

Vincent (très pensif, les yeux au plafond) : J'ai le sentiment que tout démarre toujours sur des bases très terre à terre – genre : ils vont faire un picnic, ils jouent au ping-pong – puis il y a un pétage de plombs et il faut tout faire pour que tout retombe les pieds sur terre (NdlR : le film sera du même accabit).

Stéphane : C'est l'histoire d'un groupe de personnage qui veulent passer une petite journée tranquille mais qui où tout foire à chaque fois.

Vincent : En fait, c'est totalement irréel et très réaliste à la fois. C'est de la réalité poétisé.

Stéphane : Ce qui est amusant, c'est que les personnages sont en permanence dans ce Village – qui n'est constitué que de la maison de Cheval et de la ferme de Steven, c'est un hameau en fait – mais qu'ils sont toujours surpris de découvrir quelque chose de neuf dans leur environnement, comme un type qui a fabriqué une machine à voyager dans le temps ou des gens qui vivent sous l'eau de la mare de la ferme. (A.Lo.)

22/10/2007

Tournage, première

417bb87376feb5e396a2d4b2112395b9.jpgGrand jour pour toute l'équipe de "Panique au village". Après des mois de préparation, c'est aujourd'hui que débute le tournage du film. Le storyboard va enfin prendre vie, petit à petit, image par image, par le truchement de la photographie. Un nouveau travail de fourmi qui va durer six mois et s'étendre jusqu'en juin prochain, comme l'indique rouge à l'appui l'imposant calendrier de tournage qui squatte désormais le haut du tableau mural de la cuisine. Un signe qui ne trompe pas. De même, les dessins et autres croquis qui occupaient la moindre parcelle des murs de l'atelier ont maintenant tous disparus... Mais avant toute chose, l'heure est au dernier serrage de boulon. Ce lundi matin, dans la cuisine, l'équipe d'animateurs est au grand complet: Vincent, Stéphane, Steven, et Ben en appoint. La concentration est palpable. Au menu, dernier rappel des consignes concernant l'atterrissage informatique des plans et séquences qui seront tournés tout à l'heure. Histoire que tout le monde s'y retrouve et en particulier Virgile, chargé du premier assemblage des séquences dans un format vidéo. Au total, il y en aura nonante-six, matérialisées sur le bureau informatique par autant de "valises". Dans chacune d'elles, on trouvera les différents plans qui composent la séquence. Environ 1100 plans seront tournés d'ici mi-2008. "Cela signifie que nous devons tourner au rythme moyen de dix secondes de film par jour et par plateau", souligne Vincent Patar, l'un des deux réalisateurs de "Panique au village". Des plateaux de tournage il y en a cinq, mais seulement trois serviront au tournage effectif, les deux autres étant dévolus à la préparation des séquences suivantes prévues au planning. Ainsi les trois animateurs principaux pourront tourner en perdant un minimum de temps. Jan et Elke, quant à eux, s'occupent de la maîtrise des éclairages. Les trois décors qui font leur entrée en scène aujourd'hui sont le hall de la maison de Cheval, le conservatoire de musique et le garage. Concernant ce dernier, il y a encore quelques détails de mise en scène à régler: "On doit encore déterminer les endroits où l'on enlèvera les murs pour placer les appareils photo", admet Stéphane Aubier, l'autre réalisateur. Certainement pas de quoi retarder les premiers plans. La fusée encore inachevée, qui doit intervenir durant cette première semaine tournage, non plus. (V.B.)

23:00 Publié dans NEWS | Lien permanent | Commentaires (1)