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29/06/2007

En direct de l'animatique

4e6d08fb8200bcf1f8116ecfa33736b5.jpgFin de la huitième semaine de préparation du tournage de « Panique au Village ». Au studio Beast Animation, à Bruxelles, les réalisateurs Stéphane Aubier et Vincent Patar travaillent d'arrache pied à la mise au point de l'animatique. Ce montage brut du story-board, avec bande son témoin, est un outil indispensable, comme nous l'explique Anne-Laure Guégan, monteuse régulière des productions de La Parti (« Calvaire », « Aaltra », « Ca m'est égal si demande n'arrive pas » et, bien sûr, la série « Panique au Village »). « Il faut que la durée de chaque scène soit précise, afin que les animateurs sachent exactement ce qu'ils doivent animer. En montante les images du story board, avec le son, on voit ce qui ne va pas. Cela permet aussi de savoir précisément quand il faut un plan large, un plan raproché, etc. » Bref, en cinéma d'animation, on monte le film avant de le tourner : cela permet d'éviter de tourner des plans inutiles ou, au contraire, de ne pas tourner des plans nécessaires à la compréhension.

Il y a déjà eu, outre six versions du story-board, trois animatiques différentes - réalisés par la monteuse Valérie Leroy, autre collaboratrice fidèle de l'équipe. A ce stade l'oeil d'Anne-Laure, plus « vierge » que celui des réalisateurs ou même des producteurs, repère vite ce qui ne va pas.

Anne-Laure : Là, je vous trouve un peu optimistes sur la compréhension du spectateur. Il faut qu'on voit les personnages retourner au boulot.

Vincent : On va revenir vers la porte.

Anne-Laure : On va avoir du mal à comprendre que c'est à l'intérieur de la cuve qu'il y a un problème. C'est une chaise qui tombe ?

Vincent : Oui, il manque un petit « Merde !»

Stéphane : Tu peux reprendre le « Merde !» de tout à l'heure.66175b09146b0b5227d173f2f872aa3b.jpg

Vincent : C'est un beau « Mert !», avec un t... (Anne-Laure copie sur la bande son le « Mert » tonitruant. Elle teste à l'image : rire unanime)

Vincent : Ca va passer à la censure. On va devoir remplacer par un « Zut !»...

Stéphane : Ou « Flûte !»...

Anne-Laure : Il y a aussi « Crotte de caniche » si vous voulez.

Outre cet échange linguistique, la monteuse pose aussi beaucoup de questions, demande des précisions sur ce qui motive tel ou tel plan. A l'occasion, elle n'hésite pas une petite critique : « Vous avez toujours tendance à montrer gros plan-plan large ». « C'est notre réflexe de truc pour enfants, relève Stéphane. On part du petit au grand .» « Oui, mais avec des décors pareils, c'est dommage de ne pas commencer par un plan d'ensemble. »

d5eef61e1d6ce5d5191e646f67a2fd74.jpg Grâce à son montage assisté par ordinateur, Anne-Laure triture le story-board, déplace une image ici ou là, rythme le récit, éclaircit l'action. Tout cela, bien sûr, avec l'aval des deux réalisateurs qui, toujours armés d'un crayon et d'une feuille, dessinent à la seconde les images qui manquent ou qui doivent être rectifiées pour compléter l'animatique.

« Est-ce que tu comprends qu'on comprend que Gendarme ne comprend rien... » interroge Stéphane. « Heu, attends-là, je n'ai pas compris » répond Anne-Laure très concentrée sur son écran. Stéphane, soudain conscient de sa superbe tirade : « Faut que je note cette phrase pour demander aux autres s'ils comprennent eux aussi... ». Vincent vient au secours d'Anne-Laure, toujours perplexe, et paraphrase Stéphane : « Est-ce que tu comprends que c'est le bordel dans sa gueule mais que lui ne se rend pas compte que c'est le bordel dans sa gueule ». On vous avait bien dit qu'ils sont complémentaires, ces deux-là. (A.Lo.)

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